Un dimanche à l’italienne

Le ‘pranzo della domenica’ : l’Art italien de prendre le temps à table…
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C’est avec le plus grand plaisir que Tablonomie – dont les affinités italiennes ne font pas secret – accueille une Guest Contribution de Vale’, fondateur du blog Casa-Bandera – l’Art de recevoir à l’italienne. Il part de cette simple question :

Vous est-il déjà arrivé de terminer un déjeuner en famille en vous disant : « C’était délicieux… mais qu’est-ce que c’est passé vite » ?

On mange ensemble. On échange quelques mots. Puis chacun repart à ses occupations…

En Italie, le dimanche raconte souvent une autre histoire.

On déjeune. On parle. On rit. On se ressert. Le café arrive. Une conversation recommence. Et personne ne semble pressé de se lever.

Le pranzo della domenica, le déjeuner du dimanche, n’est pas simplement une tradition culinaire italienne.

C’est une autre manière de considérer le temps.

Une manière de dire : aujourd’hui, nous avons le temps d’être ensemble.

Famille italienne au déjeuner du dimanche

Une famille italienne au déjeuner du dimanche, ‘Il pranzo della domenica’

Qu’est-ce que le ‘pranzo della domenica’ ?

Le ‘pranzo della domenica‘ désigne traditionnellement le déjeuner familial du dimanche en Italie.

Selon les régions et les familles, les habitudes changent.

Mais l’esprit reste étonnamment constant.

Le dimanche, on se retrouve.

Les générations se croisent. Les enfants devenus adultes reviennent chez leurs parents. Les grands-parents sont là. Les cousins passent parfois.

Et surtout, personne ne semble vraiment pressé.

Le déjeuner peut commencer vers midi et se poursuivre une bonne partie de l’après-midi.

Pas forcément parce que le repas est compliqué.

Parce que le temps passé ensemble fait partie du repas.

C’est toute la différence.

La Première Ministre italienne, Giorgia Meloni, participe à ‘Il pranzo della domenica’ devant le colisée à Rome, en soutien de la candidature Cuisine Italienne héritage culturel UNESCO.

Une tradition qui commence dans la cuisine

Le pranzo della domenica commence bien avant de s’asseoir.

Il commence dans la cuisine.

C’est souvent là que la tradition prend tout son sens.

Une pâte est préparée. Une sauce mijote. Des légumes sont découpés. Un plat familial ressort du carnet de recettes.

Et chacun participe à sa manière.

Quelqu’un pétrit.

Un autre goûte.

Un troisième raconte une histoire.

Les recettes comptent, évidemment.

Mais les gestes comptent tout autant.

Une grand-mère montre comment fermer un ravioli. Un père explique pourquoi la sauce doit encore cuire. Une fille reprend une recette familiale et y ajoute son propre petit détail.

La transmission se fait naturellement.

Sans cours.

Sans manuel.

En regardant. En répétant. En goûtant.

C’est peut-être l’une des grandes forces de la cuisine italienne : la tradition se transmet en vivant les choses ensemble.

Les recettes familiales racontent plus qu’un plat

Il y a des recettes que l’on connaît par cœur.

Et puis il y a celles dont on connaît surtout l’histoire.

Chez Casa Bandera, c’est cette dimension qui nous touche particulièrement.

Nous avons toujours aimé ces plats qui racontent quelque chose avant même d’être servis.

Un plat préparé parce que Rose, notre fille, le réclame pour son anniversaire.

Une recette ressortie d’un vieux carnet.

Des pâtes préparées à plusieurs mains un dimanche matin.

Un plat imaginé à partir de ce qui restait de la veille.

La cuisine familiale italienne n’est pas figée.

Elle évolue avec les familles, les régions et les générations.

Et c’est précisément ce qui la rend si attachante.

Une tradition n’est pas forcément une recette immuable.

C’est parfois simplement une habitude que l’on choisit de continuer ensemble.

Les pâtes fraîches et la transmission des gestes

Prenez les pâtes fraîches.

Rien de spectaculaire ?

De la farine. Des œufs. Un peu de temps.

Mais regardez une famille italienne les préparer ensemble.

Le geste change tout.

La pâte est travaillée. Étendue. Découpée.

On discute de son épaisseur.

On compare les formes.

On goûte.

Quelqu’un donne son avis.

Un autre n’est évidemment pas d’accord.

Puis tout le monde finit par s’asseoir pour manger.

Le plat est délicieux.

Mais le souvenir est ailleurs.

Il est dans les mains farinées, les plaisanteries et les conversations de la cuisine.

C’est cela aussi, le pranzo della domenica.

Une tradition qui se fabrique autant autour du plat qu’autour de ceux qui le préparent.

Une table qui rassemble plusieurs générations

Le déjeuner du dimanche a longtemps constitué un point de rencontre entre les générations.

Dans certaines familles, trois ou quatre générations peuvent se retrouver autour du même repas.

Les plus jeunes découvrent les histoires des anciens.

Les anciens observent les nouvelles habitudes des plus jeunes.

On parle du travail. Des vacances. Des enfants. Des projets.

On se chamaille parfois.

On rit souvent.

Et surtout, on reste.

Cette dernière chose est essentielle.

Dans une société où tout va vite, rester à table devient presque un acte de résistance.

On ne regarde pas nécessairement l’heure.

On ne pense pas immédiatement à ce qu’il faut faire ensuite.

Le repas devient une parenthèse.

Pourquoi le déjeuner du dimanche dure-t-il si longtemps ?

La réponse est finalement assez simple.

Parce que personne ne cherche réellement à le faire durer.

Il dure parce qu’il n’est pas pensé comme une tâche à accomplir.

On mange.

Puis on parle.

Une conversation recommence.

Un dessert apparaît. Un tiramisù à l’amaretto par exemple, comme chez Casa Bandera.

On se ressert.

Quelqu’un apporte le café.

Et soudain, deux heures ont passé.

Puis trois.

C’est cette relation particulière au temps qui rend le pranzo della domenica si fascinant.

Le temps n’est plus quelque chose qu’il faut optimiser.

Il devient quelque chose que l’on partage.

Le tiramisù à l’amaretto

Le repas italien comme moment de conversation

Dans cette tradition, la conversation occupe une place presque aussi importante que la nourriture.

Elle commence parfois avant le premier plat.

Elle se poursuit pendant le repas.

Elle change complètement de sujet au milieu d’une phrase.

Un souvenir en entraîne un autre.

Une histoire de famille fait surgir une anecdote.

Et quelqu’un finit toujours par raconter ce qui s’est passé il y a vingt ans.

C’est souvent ainsi que les traditions restent vivantes.

Pas dans les livres.

Dans les conversations.

Une recette peut disparaître.

Une famille peut oublier ses proportions exactes.

Mais une histoire racontée autour de la table peut rester pendant des décennies.

On se retrouve autour d’un repas qui prend son temps.

Dans certaines régions, les pâtes fraîches occupent une place centrale.

Ailleurs, ce sera une viande mijotée, un plat de légumes, une spécialité locale ou une préparation familiale très simple.

Comme cette escalope milanaise traditionnelle – une recette de Casa Bandera.

Il n’existe donc pas une recette unique du pranzo della domenica.

Il existe une multitude de façons de le vivre.

Escalope milanaise traditionnelle

Le dimanche italien n’est pas une démonstration

C’est peut-être ce qui le rend si actuel.

Le pranzo della domenica ne cherche pas nécessairement à impressionner.

Il ne s’agit pas de démontrer ses talents culinaires.

Ni de transformer le déjeuner en événement exceptionnel.

La cuisine peut être simple.

Le plat peut être familier.

Et pourtant, le moment peut être extraordinaire.

Parce que la valeur du repas ne dépend pas uniquement de ce qui est posé devant vous.

Elle dépend aussi de ceux qui sont assis autour.

C’est une philosophie que l’on retrouve dans cette vision plus large de la table italienne :

le repas compte, mais ce que l’on vit ensemble compte davantage encore.

C’est justement ce qui se trouve au cœur de l’Art de recevoir à l’italienne chez Casa Bandera.

Une autre manière de considérer le temps

C’est probablement ce que nous pouvons retenir de cette tradition.

Le pranzo della domenica n’est pas une méthode.

Ce n’est pas une liste de règles.

Ce n’est même pas nécessairement un repas compliqué.

C’est une autre manière de considérer le temps.

Prendre le temps de préparer.

Prendre le temps de manger.

Prendre le temps de parler.

Prendre le temps de rester.

Cette lenteur n’a rien de passif.

Elle est profondément sociale.

Elle crée de l’espace pour les autres.

Et elle permet aux souvenirs de se fabriquer.

Et si votre prochain dimanche commençait autrement ?

Vous n’avez pas besoin de vivre en Italie pour retrouver cet esprit.

Et surtout, vous n’avez pas besoin d’attendre une occasion particulière.

Choisissez un dimanche.

Invitez quelques proches.

Préparez ensemble quelque chose que vous aimez.

Ressortez une vieille recette familiale.

Posez les téléphones.

Asseyez-vous.

Et surtout, ne prévoyez pas immédiatement ce qui viendra après.

Laissez la conversation prendre son chemin.

Laissez le café attendre un peu.

Laissez le déjeuner durer.

Vous verrez peut-être quelque chose d’assez surprenant.

Le repas n’aura pas besoin d’être parfait pour devenir mémorable.

Car c’est peut-être là toute la beauté du pranzo della domenica.

Il ne nous apprend pas à mieux remplir notre temps.

Il nous apprend à mieux le partager.

Et si, dimanche prochain, vous preniez simplement quelques heures pour être vraiment avec ceux que vous aimez ?

Votre déjeuner pourrait bien devenir bien plus qu’un repas.

Il pourrait devenir un souvenir.

À propos de l’auteur :

Vale’ est le fondateur de Casa Bandera, un univers dédié à l’Art de recevoir à l’italienne. Inspiré par ses expériences en Italie et par cette façon unique de transformer un repas en véritable moment de partage, il transmet une vision simple, chaleureuse et élégante de l’hospitalité italienne.

Découvrez l’univers de Casa Bandera et apprenez à recevoir à l’italienne, en toute simplicité.

Photos : toutes les photos ©Casa Bandera, sauf ©Italian Government Presidency of the Council of Ministers https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/3.0/it/deed.en et ©360italymarket

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